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En cano sur la lagune de la Somone

La Somone - Sénégal

Le 25/02/12

Par Frank Hélin


Un jour, j’ai navigué sur la lagune de la Somone jusqu’à m’aventurer au cœur de la mangrove - Lieu de mille yeux où violonistes aux bras rubis glissent sur les branches silencieuses des palétuviers - Comme j’aurai voulu me perdre dans ce dédale végétal et accoster en terre neuve, accueilli par des indigènes. Que j’aurais aimé cela ! Mais ce parfum d’aventure, j’en aurai quand même senti les fragrances lorsque qu’au sortir d’un marigot, j’ai aperçu une femme ébène en tenue soleil couchant qui ramassait des coques. On aurait dit une Vénus noire. J’ai vaguement bavardé avec elle, de la pêche, de sa vie, de la mienne, mais elle était gêné à cause de son mari jaloux resté sur la rive et qui, me dit-elle, nous observait peut être. J’ai pris congé en la saluant et me suis remis à voguer tranquillement sur les flots lents et sereins de la lagune. Trois jeunes garçons mouillés jusqu’aux oreilles et qui essayaient de traverser les eaux plus profondes où je naviguais à présent m’ont demandé de l’aide.   ''Toubab, on peut monter ? '' Je les ai embarqué sur mon canoë croyant bien chavirer à deux reprises et les ai avancé d’une centaine de mètres jusqu’à ce qu’ils aient pied et reprennent leur route aqueuse, sac sur le dos. Sur le retour en direction de terres trop occidentalisées à mon goût, j’ai aperçu sur la rive un homme qui lavait son cheval sous le projecteur brûlant qu’Allah venait  de forger en fondant  les nues d’argent. Le villageois avait les gestes lents d’un homme sur qui le temps qui passe n’a pas prise.  J’ai essayé d’attirer son attention plusieurs fois pour qu’il me donne ou non l’autorisation de le photographier, mais il semblait parfaitement absorbé dans ce qu’il exécutait. J'ai alors pris cette photo qui par la suite m'inspira cette phrase :

L’eau ruisselle au passé simple entre ses mains argiles.


Sur ces entrefaites, j’ai aperçu au loin la Vénus de la Somone sur le chemin du retour aux côtés d'une femme. Toutes deux marchaient aussi lentement que la nuit tombait, un seau à moitié rempli de grosses coques dans les mains - Plusieurs heures passées à pêcher dans la mangrove pour si peu de coques... Douce existence frugale ! 
La journée s’éteignait donc doucement et je ramais de plus en plus lentement, d’une part pour ne pas trop effrayer les oiseaux et d’autre part pour repousser le plus possible le moment de rendre le canoë. Rendre ce canoë c'était un peu comme si si j'avais du rendre mon âme à l'aube de mon existence ! Sur la rive, le garçon à qui j'avais loué le canoë me demanda si tout s'était bien passé. Il faudrait qu'il lise ces quelques lignes pour s'en faire une idée, car sur le moment je ne su que répondre n'ayant pas encore dégauchis tout les signes de mon court voyage. Ah! que ne donnerais-je pour retourner explorer la mangrove un jour ! Je n’oublierai jamais cette journée exotique passée sur la lagune car, en plus de ce que j’y ai vécu et qui restera inscrit dans ma mémoire jusqu'à mon dernier souffle, c’était la veille de mon départ. Le lendemain, mercredi 5 février, il fallait que je prenne l’avion pour Paris où le froid et la pluie me gifleraient violemment. Rétrospectivement,   je peux dire que j’ai fait un grand écart de  5000 km en seulement 06h00… et sans échauffement !


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